Du cyberpunk au solarpunk

On le sais, les réseaux sociaux nous enferment dans nos bulles de croyances, de connaissances et de savoir. On/ je navigue donc sur et dans des thèmes plus ou moins connus.

Mais quand un jour, je découvre lors d’une conférence pour laquelle je travaille, un mot et un concept qui m’était encore totalement inconnu… La claque que j’ai pris!

Découvrir le SolarPunk. Ou comment réaliser que certains et certaines on déjà commencé à imaginer le monde de demain POSITIVEMENT!!!

Cyberpunk Solarpunk DataMix

Cette grille de lecture du monde via le CyberPunk et le SolarPunk, m’a bluffée !

5 ans

Le 1er novembre 2014 j’ai fait ma première demande de N° SIREN. J’ai réalisé la semaine dernière seulement que ça fait 5 ans que j’ai créé mon entreprise. 5 ans!!!

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Celle qui garde tous ses agendas comme des trésors!! Ceux là sont ceux des 5 dernières années.

Je ne ferais pas de surprise-party pour fêter ça, mais un article de blog m’a semblé plus approprié 🙂

Cette date m’a permis une prise de conscience assez forte du chemin parcouru depuis 2014. A ce moment là, j’étais vers Strasbourg, entourée des essentiell.e.s : Maryline, Louise, Véro, Adeline et Olivier. Avec eux le début. Chaotique, mais début quand même.

A l’heure des 5 ans, je repense aux tout premiers à m’avoir fait confiance à Nantes : Antoine et Lise-Marie d’Ilink Association et Sandrine notamment. Il m’ont dit : « vas-y ». J’ai eu (très) peur, mais j’ai sauté le pas. Ma gratitude pour eux est immense.

Je repense aux étapes qui ont ensuite marqué mon parcours d’entrepreneure :

Le moment où je cherchais encore un travail en répondant aux annonces et en allant aux entretiens. Je faisais de la facilitation graphique « à coté » parce que ça me plaisait bien. Jusqu’au point de bascule : quand j’ai compris que ce que je cherchais vraiment c’était à moi de le créer. C’est arrivé le jour où j’ai animé ma première formation et j’ai senti que c’était là ma place. Cette même journée, à la pause, j’avais un message sur mon répondeur suite à un entretien que j’avais passé quelques jours plus tôt, message dans lequel, ils me disaient qu’il avaient adoré l’entretien avec moi, qu’il ne me prendraient pas car ils avaient quelqu’un de plus expérimenté sur le poste mais qu’ils avaient confiance en mon projet et mon énergie (!!). Ce jour là, je me suis dit  : go!

Je repense aussi au temps passé à Nantes, baignée dans l’écosystème entrepreneurial riche et hyper inspirant, entre le co-working, les Mash Ups, les rencontres d’entrepreneur.e.s, les cafés, les ami.e.s, Véro, Thomas et Caro, et l’Erdre.

Il y a eu aussi les rencontres clés : Sylvie, Eric, Mélissa, Stéphanie et les rencontres trésors comme celle de Jeanne.

Les formations et les Workshops, en Allemagne, à Marseille, à Paris, en Allemagne à nouveau en Italie et en ligne cette année.

Les séances de Master-Mind avec Julie, Véro et Coline.

Les rencontres avec les collègues de l’Ouest aussi : Hélène, Margot, Céline, Marc, Cindy, Sandrine, Olivier, Agnès.

Le début des formations inter-entreprises avec Jeanne. Portées avec tellement de cœur et d’envie!!

La retraite des entrepreneures aussi.

Il y a eu aussi les mouvements plus personnels dans la danse, le mouvement, le voyage, le couple, la maternité. Tout un chemin de lâcher-prise.

Et puis le déménagement à Brest, arrivé comme une grosse bourrasque presque inattendue qui nous a soufflée vers l’ouest. Avec un bébé. Étape clé.

Et puis comme pour marquer les 5 ans, jeudi dernier j’ai payé ma TVA pour la première fois. Comme un signal me disant « Ok, c’est bon! Tu as validé les 5 premières années, tu passes dans la cours des grands ». C’est bizarre, mais j’étais heureuse de réussir (vive l’administration des Impôts) à payer cette première TVA 🙂

Global Ocean Social Sciences (GLOSS)

J’ai eu le grand plaisir d’accompagner visuellement la rencontre GLOSS : Global Ocean Social Sciences organisée par le laboratoire AMURE (UBO/IFREMER/CNRS). Cet évènement a eu lieu au Quartz à Brest les 5 et 6 novembre 2019. Une rencontre internationale de chercheurs en sciences sociales pour contribuer à la prochaine décennie de l’océan pour le développement durable.

Les visuels réalisés durant ces deux journées sont ici :

Mise au point

Dimanche, j’ai assisté à la conférence pour les 50 ans de l’association Eau et Rivières de Bretagne. Deux Maoris (Nouvelle Zélande), Nancy Tuaine, administratrice du Nga Tangata Tiaki o Whanganui et Jake Robinson qui travaille sur la cartographie culturelle de la rivière vénérable, sont venus pour nous raconter l’histoire de leur fleuve, la Whanganui River à qui le parlement Néo-Zélandais a accordé en 2017 une personnalité morale et juridique.

D’autres invités de marques étaient également de la partie : Ricardo Petrella, politologue et économiste italien, Valérie Cabanes, juriste en droit international, Fabrice Nicolino, fondateur du mouvement « Nous voulons des Coquelicots » et Jean-Claude Pierre, fondateur d’Eau et Rivières de Bretagne et de Nature et Culture.

Quand j’ai appris que les Maoris venaient ici, en Bretagne pour nous raconter l’histoire de la reconnaissance juridique de leur fleuve sacré, mon sang n’a fait qu’un tour.

Cette rencontre a été qualifiée d’historique par le Maire de Quimperlé. Historique elle l’a été, en tout cas pour moi. Au fur et à mesure de l’après-midi, j’ai senti mon cœur exploser à l’intérieur de moi…

Il y a tellement de choses qui voulaient s’exprimer, sortir, crier, hurler… Monter sur ma chaise et crier haut et fort toutes ces choses n’aurait pas été la meilleure façon de me faire entendre, alors la meilleure alternative que j’ai trouvé à ce jour c’est de les mettre par écrit ici 🙂

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J’aimerais dire à ceux qui osent proclamer que nous n’avons jamais eu ce lien au territoire « comme les Maoris ou les peuples autochtones », que c’est profondément faux.

Ici, en Bretagne (et c’est vrai aussi pour d’autres territoires), nous avons des personnes d’une puissance rare qui vivent ce qui a été nommé comme le principe Maori : Whakapapa – tout est un – Ces personnes ne ressemblent pas à des ermites échevelé.e.s et perdu.e.s dans les Mont d’Arrée. Ils et elles nous ressemblent, vous ressemblent, me ressemble. Vous les avez déjà croisé.e.s sans vous en rendre compte car ils et elles (surtout) ont bien appris à se taire, c’était même une question de survie à une certaine époque.

J’aimerais dire à celles et ceux, qui demandent ce que sont ces choses sensibles, que nous le savons et que vous le savez au fond de vous. Que nous avons simplement désappris. Appris qu’en fait non, ce n’était pas recommandable, faisable, montrable sous peine de moqueries, jugements, voir de bûchers. Nos mères et nos grand-mères s’en cachent encore…

Le sacré n’attendez pas de le voir apparaître comme par miracle, ni dans une église, ni des baguettes magiques qui vont se mettre à danser sur votre chemin. Le sacré il est à l’intérieur de nous.

Le sacré, c’est d’abord dire bonjour, saluer, remercier. Nous disons des tonnes de fois bonjour tous les jours. Quand saluons nous la terre, les fleuves, les rivières ? Ceux sans qui nous ne serions pas là. On veut donner une personnalité juridique à nos fleuves et à nos rivières alors que ne savons même pas les saluer ? leur dire bonjour ? les remercier d’être là ? Leur demandons-nous si ils et elles sont d’accord ?

Vous me direz oui, mais je vais passer pour fou ou folle à dire bonjour à l’eau. Mais savez-vous combien nous sommes à dire bonjour à l’eau ? et si nous osions le faire à voix haute ? Nul besoin d’incantations, de fanfreluches d’un autre âge ou de danser nu en hurlant dans la forêt à 3 heures du matin, ce n’est pas ça le sacré, ou en tout cas ce n’est pas là qu’il démarre.

Le sacré, c’est le regard que nous posons sur les choses, c’est le soin apporté aux lieux dans lesquels on prépare les réunions et les conférences, dans lesquels on accueille nos invités, les victuailles qu’on leur propose, le sacré c’est l’écoute, profonde et sans jugement que l’on apporte à autrui, la bienveillance aussi. Le sacré, c’est aussi oser dire non quand ce n’est pas ou plus approprié.

Le sacré c’est l’intention que l’on pose et l’attention que l’on accorde.

Le sacré, c’est s’exprimer avec son cœur. Oser demander la parole et laisser son cœur parler. Parler avec son cœur c’est dire ce que l’on ressent, comment on se sent.

Le sacré c’est aussi le silence et la place qu’on lui accorde.

Le sacré, c’est aussi oser montrer sa vulnérabilité, sa fragilité. Oser dire à voix haute que nous ne sommes pas parfaits, personne. Oser trembler, mais y aller quand même parce que c’est plus important que nous. Rougir mais essayer. Pleurer, mais le dire, car c’est essentiel.

Politiciens, vous qui brassez vos feuilles vides d’âme et de sens, vous pouvez arrêter. Vous n’avez aucun crédit. Laisser enfin parler vos cœurs. Nous en avons besoin.

Certes nous avons besoin de ces lois, de ces mesures de nitrate, de taux de pressions de densité, d’analyses précises et chiffrées, oui. Et nous avons aussi besoin du reste. Tout ce que nous avons délaissé durant tant d’années.

 

A nous de le faire vivre. Ensemble.

 

La place des femmes dans le secteur artistique et culturel

Je vous propose aujourd’hui un retour en image sur une table ronde particulière, intitulée « Où sont les femmes? »

Dans le cadre de la « Rentrée Grands Formats », une rencontre des acteurs artistiques et culturels a été proposée au Quartz, à Brest pour évoquer le sujet suivant : Comment le secteur artistique et culturel, fort de son engagement et de sa créativité, peut-il être moteur dans la définition d’une société plus égalitaire entre les femmes et les hommes ?

J’ai eu le plaisir d’accompagner visuellement cette rencontre co-organisée par Grands Formats, l’Atlantique Jazz Festival, le Quartz – Scène nationale de Brest et HF Bretagne.

La rencontre s’est déroulée en deux temps. Le premier avec un retour sur les études chiffrées en la matière :

Le second avec en temps d’échanges avec des invités de marque : Agnès Saal, haute fonctionnaire à l’égalité, à la diversité et à la prévention des discriminations du ministère de la Culture, Antoine Bos, délégué général d’AJC, Armonie Lesobre, directrice de la FNEIJMA, Aude Chandoné, déléguée générale de la fédération d’artistes pour la musique en Grands Formats, Cécile Offroy, sociologue, Opale, Frédéric Maurin, directeur artistique de l’Orchestre National de Jazz, Janick Tilly, directrice de Plages Magnétiques, Scène de Musiques Actuelles de Brest, Laurie Hagimont, coordinatrice de HF Bretagne, Matthieu Banvillet, directeur du Quartz, Scène nationale de Brest, Stéphanie Gembarski, chargée de mission à la FEDELIMA, modéré par Sarah Karlikow, conseillère artistique à Spectacle Vivant en Bretagne.

 

 

Le sujet de cette rencontre m’a particulièrement touchée. Du constat chiffré édifiant, jusqu’à la compréhension des racines du problème. Rien de nouveau me direz-vous, et c’est vrai, ça fait des millénaires que ça dure…

Mais il serait peut-être temps que ça bouge, non? 

Brest en Communs

J’ai eu le grand plaisir d’accompagner visuellement l’ouverture de Brest en Communs samedi après-midi aux ateliers des Capucins à Brest. L’évènement était organisé par la Métropole de Brest.

Les communs et droits de la nature Lionel Maurel Brest en communs

La conférence d’ouverture était proposée par Lionel Maurel, Directeur Adjoint Scientifique à l’Institut National des Sciences Humaines et Sociales du CNRS. Ce dernier, étudie (entre autres) la question des droits, que certains reconnaissent déjà, des éléments naturels : forêts, rivières, etc. en lien avec le mouvement des Communs. Son intervention est à mon sens une conférence essentielle, pour nous, pour la société et pour l’avenir que nous construisons. Une intervention à diffuser (très) largement!

 

Deux regards européens ont ensuite été proposés. L’un sur la situation des Tiers Lieux  à Bruxelles par Thomas Dawance, l’autre sur la situation des Communs en Italie par Alessandra Quarta :

 

Puis un zoom sur les communs Brestois, avec la présentation de projets locaux :

 

#Lescoulisses – Faire avec ce qui est là.

« Et tu savais ce que tu allais dessiner avant que ça commence? »

Le scribing (capture visuelle en direct – pour les non initié.e.s) est une discipline qui requiert une grande attention sur le moment présent. On n’anticipe pas ce qui va se passer, on se prépare à capter tout ce qui peut arriver (Cf. article sur la préparation).

Sur le moment, on est à l’écoute de ce qui est là. C’est un apprentissage, c’est vrai. Au début j’avais très très peur. Maintenant, je me sers de cette peur pour être encore plus concentrée sur ce qui se passe.

Le « bon » visuel s’il en est, est celui qui reflétera au mieux ce qui s’est passé durant la conférence ou la réunion. Quoi qu’il arrive.

Alors, c’est vrai ce n’est pas toujours simple de commencer, on ne sais pas trop où on va, où ça va, ou ils/elles veulent en venir et donc par où et comment commencer. Je ne vais pas vous mentir et vous dire qu’il y a UNE technique une solution pour y arriver, ce n’est pas vrai. C’est beaucoup d’entraînement pour tester, sentir, essayer, se lancer. Oser commencer, poser une première idée. Démarrer et construire la suite à partir de ce que l’on a posé. On n’efface pas, on fait avec.

On avance pas à pas. Parfois, sans trop de surprises. Et puis d’autres fois, en arrivant dans la salle, on voit qu’on a des interrupteurs ou des poignées de porte en plein milieu du mur sur lequel on pensait poser la fresque. Parfois, on a un stylo trop rechargé qui coule sur la feuille. Parfois on remarque qu’on a fait une faute d’orthographe dans le titre écrit en énorme avant même que la conférence ai commencée. Ça arrive aussi en haut d’une fresque, sur le titre écrit en grand, le matin d’une journée de formation qui nous tient vraiment vraiment à cœur…

Des choses que l’on attend pas, et pourtant il faut faire avec.

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Le titre de la fresque le matin de la première formation inter qu’on préparait depuis des mois….

 

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Le titre avec une faute « récupérée » avant le début de la conférence 🙂

 

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Et des tests en formation pour trouver des idées pour réagir face à ces inattendus!

Pour tester et s’essayer à cette posture du « Je suis prêt.e à tout » avant d’être en live devant 200 personnes, il y a (entre-autres) l’exercice proposé dans le livre « Devenir un expert du Ragugaki » qui propose de dessiner des lignes au hasard, puis de construire ensuite à partir d’elles :

Un lien aussi vers un chouette article de Claudio Nichele (en anglais) qui évoque cette démarche : « To know what you’re going to draw, you have to begin drawing »

Je vous propose aussi un lien vers le livre (pour enfants, mais juste pour tout le monde!) « Le livre des erreurs » de Corinna Luyken aux éditions Kaléidoscope qui illustre cette démarche avec une grande justesse.

 

 

Cette démarche est aussi une philosophie de vie. Se lever le matin, observer ce qui est là et faire avec cela.

Sur un plan plus personnel, je pense que c’est une des choses que m’a apporté le scribing et ma pratique de la facilitation graphique. J’ai appris (et j’apprends chaque jour) à lâcher un peu les prévisions et à être plus attentive à ce qui est là et le faire vivre sur le moment. Apprendre aussi à voir comment on peut essayer d’intégrer l’objectif qu’on s’était initialement fixé aux évènements ou aux ressentis qui se présentent dans la journée. Parfois ça matche et c’est parfait! D’autre fois l’équation nous paraît insoluble…. Avancer alors un petit temps après l’autre, essayer, tester, pas à pas, écouter et faire au mieux 🙂