#Lescoulisses – Faire avec ce qui est là.

« Et tu savais ce que tu allais dessiner avant que ça commence? »

Le scribing (capture visuelle en direct – pour les non initié.e.s) est une discipline qui requiert une grande attention sur le moment présent. On n’anticipe pas ce qui va se passer, on se prépare à capter tout ce qui peut arriver (Cf. article sur la préparation).

Sur le moment, on est à l’écoute de ce qui est là. C’est un apprentissage, c’est vrai. Au début j’avais très très peur. Maintenant, je me sers de cette peur pour être encore plus concentrée sur ce qui se passe.

Le « bon » visuel s’il en est, est celui qui reflétera au mieux ce qui s’est passé durant la conférence ou la réunion. Quoi qu’il arrive.

Alors, c’est vrai ce n’est pas toujours simple de commencer, on ne sais pas trop où on va, où ça va, ou ils/elles veulent en venir et donc par où et comment commencer. Je ne vais pas vous mentir et vous dire qu’il y a UNE technique une solution pour y arriver, ce n’est pas vrai. C’est beaucoup d’entraînement pour tester, sentir, essayer, se lancer. Oser commencer, poser une première idée. Démarrer et construire la suite à partir de ce que l’on a posé. On n’efface pas, on fait avec.

On avance pas à pas. Parfois, sans trop de surprises. Et puis d’autres fois, en arrivant dans la salle, on voit qu’on a des interrupteurs ou des poignées de porte en plein milieu du mur sur lequel on pensait poser la fresque. Parfois, on a un stylo trop rechargé qui coule sur la feuille. Parfois on remarque qu’on a fait une faute d’orthographe dans le titre écrit en énorme avant même que la conférence ai commencée. Ça arrive aussi en haut d’une fresque, sur le titre écrit en grand, le matin d’une journée de formation qui nous tient vraiment vraiment à cœur…

Des choses que l’on attend pas, et pourtant il faut faire avec.

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Le titre de la fresque le matin de la première formation inter qu’on préparait depuis des mois….

 

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Le titre avec une faute « récupérée » avant le début de la conférence 🙂

 

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Et des tests en formation pour trouver des idées pour réagir face à ces inattendus!

Pour tester et s’essayer à cette posture du « Je suis prêt.e à tout » avant d’être en live devant 200 personnes, il y a (entre-autres) l’exercice proposé dans le livre « Devenir un expert du Ragugaki » qui propose de dessiner des lignes au hasard, puis de construire ensuite à partir d’elles :

Un lien aussi vers un chouette article de Claudio Nichele (en anglais) qui évoque cette démarche : « To know what you’re going to draw, you have to begin drawing »

Je vous propose aussi un lien vers le livre (pour enfants, mais juste pour tout le monde!) « Le livre des erreurs » de Corinna Luyken aux éditions Kaléidoscope qui illustre cette démarche avec une grande justesse.

 

 

Cette démarche est aussi une philosophie de vie. Se lever le matin, observer ce qui est là et faire avec cela.

Sur un plan plus personnel, je pense que c’est une des choses que m’a apporté le scribing et ma pratique de la facilitation graphique. J’ai appris (et j’apprends chaque jour) à lâcher un peu les prévisions et à être plus attentive à ce qui est là et le faire vivre sur le moment. Apprendre aussi à voir comment on peut essayer d’intégrer l’objectif qu’on s’était initialement fixé aux évènements ou aux ressentis qui se présentent dans la journée. Parfois ça matche et c’est parfait! D’autre fois l’équation nous paraît insoluble…. Avancer alors un petit temps après l’autre, essayer, tester, pas à pas, écouter et faire au mieux 🙂

 

Changement de posture

En allant avec mes marqueurs de conférence en ateliers, en rencontres, on entend souvent parler de ce fameux changement… Des entreprises qui sont menacées, de la société qui évolue, des clients qui ne consomment plus comme avant, les marchés qui sont volatiles, la technologie numérique qui a révolutionné les usages, les salariés qui n’ont pas les mêmes attentes que leurs prédécesseurs, les étudiants qui ne sont plus ceux d’il y a 10 ans, etc…

Tout a bougé et il est parfois difficile de (re)trouver ses repères, car ce n’est plus « comme avant ». Mais il est clair que nous ne reviendrons pas en arrière, et tant mieux. Le monde avance.

Tout a bougé pour moi aussi. Avancer sur son chemin de vie, créer son entreprise, ça fait bouger. Alors en partant de mon expérience, j’ai dessiné ce que je ressens comme une sorte d’objectif à atteindre (en terme de posture j’entends).

Une « nouvelle posture » qui nous permet d’appréhender (avec le plus de sérénité possible 🙂 l’incertitude permanente du monde dans lequel nous vivons :

Changement de posture - Juste présent là maintenant moment présent

Il s’agit de chercher à sentir l’alignement plutôt que de se focaliser sur l’objectif. Cela ne veut pas dire de ne pas avoir de projets (bien au contraire), mais bien de rester connecté.e au présent, tout le temps.

Chercher son propre alignement, avec soi et avec l’environnement :

  • Est-ce que c’est juste?
  • Est-ce que c’est maintenant?
  • C’est comment en moi quand je pense à ce projet?
  • Comment je me sens quand j’y pense?
  • Comment mon corps réagit?

Le changement, celui que nous espérons, attendons tous, il est là. A l’intérieur de nous, de chacun d’entre nous. A nous de le sentir.

 

 

#Lescoulisses – S’inspirer

Troisième article de cette série sur #Lescoulisses de la facilitation graphique.

 

Je vous propose aujourd’hui un petit tour de mes sources d’inspirations. Les titres et items mentionnés sont, de fait, totalement subjectifs, mais si cela vous inspire n’hésitez pas à piocher des idées … et à me partager les vôtres si le cœur vous en dit 🙂

 

Une des premières choses est de choisir un cadre de travail inspirant (qui peut évoluer selon les jours et les envies) : chez soi, au café, à la bibliothèque, dans le train au co-working ou ailleurs.

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Un cadre inspirant… heu… pratique aussi 🙂

Pour les journées où je travaille chez moi, je me suis construit un mood-board. A chaque fois que je suis à mon bureau, en train de travailler sur l’ordinateur, d’appeler ou de dessiner, dès que je lève les yeux, c’est le mood-board qui est là. Inspirations choisies donc. Repères, appuis visuels, rappels aussi de ce qui m’est essentiel.

 

Au rayon des inspirations visuelles, j’aime beaucoup lire des romans graphiques. Je vous liste ici quelques noms d’auteurs et autrices que j’aime beaucoup : Lili Sohn, Emma, Margaux Motin, Mademoiselle Caroline, Linda Barry, Florent Chavouet et Virginie de Bougribouillons.

 

Dans un autre registre, la nature est aussi pour moi une source d’inspiration très (très très très) importante… Les lieux, les couleurs, les mouvements, les odeurs, les sensations, les saisons, les temps, les rythmes, etc.

Et à mon avis je ne suis pas la seule… Je pense notamment au compte Instagram de Margaux Motin (citée plus haut), celui de Kelvy Bird (icône du scribing), et la page « Quand la beauté nous sauve » de Sandrine Roudaut (talentueuse autrice engagée), entre autres bien évidemment.

 

 

L’inspiration, c’est aussi savoir prendre le temps.

  • Des « temps vides » (je veux dire ici : vides d’occupations officielles – mails, coups de fils, rendez-vous divers et variés, etc.) qui laissent justement place à inattendu… et qui laissent la place aux idées et aux projets pour grandir.

 

  • Et des « temps forts » qui ponctuent le parcours de moments très particuliers. Formations, rencontres, retraites… plusieurs types de temps forts existent.

Je vous partage ici plusieurs « temps forts » qui m’ont beaucoup marqué : les sessions de danse des 5 rythmes/danse médecine/danse intuitive, le week-end « Wisdom of Conflict » avec Ben Yeger, une rencontre de 13 guides très particulières accueillies par Virginie Rastello à coté de Nantes, les cercles de dialogue, le fameux « Leading as Sacred Practice » emmené par Holger Scholz, David Sibbet, Gisela Wendling et Alan Briskin, « The Circle Way Gathering » offert par Ann Linnea et Christina Baldwin et le cycle Trans avec Marie Motais et Hélène Larrode.

 

Ces temps restent très présents en moi, même des années après. Ils font partie intégrante de mon parcours, autant par les lieux, les moments, les apprentissages, les expériences, les propositions et les individus qui y ont contribué. Ici, je remercie Marie Motais, Virginie Rastello, Ben Yeger, Katrin Kohlbecher, Holger Scholz, David Sibbet, Gisela Wendling et Alan Briskin pour leurs propositions et leur accompagnement.

 

Ces propositions touchent aux pratiques sacrées, aux rituels, au vivant.

 

C’est pour moi une source d’inspiration puissante. L’essentiel pour moi est de s’y sentir en confiance, vraiment… vraiment. La confiance est essentielle dans ces pratiques tout comme l’ancrage. L’importance d’être ancrée, bien ancrée, profondément ancrée au monde, à la vie « réelle », à la terre.

 

Mais l’inspiration, c’est aussi et surtout la vie quotidienne : les rencontres, les cafés en terrasse avec les copines, le travail avec les partenaires, les discussions, le travail des autres. Les voyages aussi, la vie familiale, les week-end avec les copains, les balades, les aléas. C’est avant tout le regard que l’on pose autour de soi.

 

 

–> Et vous, elles ressemblent à quoi vos sources d’inspirations? N’hésitez pas à les partager en commentaires, je serais ravie de vous lire 🙂

#Lescoulisses – Se préparer

Souvent on me demande : « Mais est-ce que tu prépares à l’avance tes interventions? »  « Tu connaissais le discours avant? » « Tu savais ce qu’il/elle allait dire? » « Tu savais ce que tu allais dessiner avant de commencer? »

Souvent je réponds que non. Non, je ne savais pas ce que j’allais dessiner, non je ne savais pas tout ce qui allait se passer dans cette salle. Donc, non je ne prépare pas le visuel à l’avance, ou en tout cas pas comme ça.

Le rôle du facilitateur graphique est de capter ce qui est présent sur le moment. Tout ce qui est présent.

Devenir le filtre des échanges

Devenir les filtre des échanges

Alors si je prépare, je prépare quoi? Ce qui va se dire? Ce que je suppose qui va se dire? Ce que les organisateurs ont prévu qu’il se passe ? Et si autre chose se passe, comment va-t-on faire alors?…

Certes, je demande au préalable le sujet, histoire de savoir ou je mets les pieds et m’assurer que c’est bien quelque chose que je vais être en mesure de comprendre (pas une thèse en physique nucléaire hein? parce que là je manquerais de compétences.

Mais pour moi, l’essentiel de la préparation est ailleurs. Il y a deux niveaux :

1 – Préparer le cadre

Je prépare le cadre en interrogeant sur le format : le lieu, le timing : heure de début, heure de fin, nombre et heures des pauses prévues, format proposé pour les échanges, etc.

Préparer son matériel et y avoir son entière confiance est aussi un gage de réussite : les feutres pleins et dont on sait qu’ils ne vont pas baver sur le mur (merci Neuland :), le support fixé et qui tient bien, les recharges couleurs si besoin, les feuilles de brouillons, l’espace disponible suffisant pour y évoluer sereinement.

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Mon matériel avant de partir pour un scribing

2 – C’est soi (surtout) qu’il faut préparer.

L’autre élément clé de la préparation, c’est évidemment… le facilitateur graphique! Comment je vais réussir à me sentir suffisamment prête pour entendre tout ce qui peut arriver?

Exit donc la fatigue, la faim (NDLFGJM* : prévoir à manger surtout quand on est enceinte et encore plus quand on allaite un bébé), les préoccupations matérielles (« vite vite vite mon train part dans 10 min et c’est pas encore fini… »), et tout autre élément susceptible de nous perturber dans cet exercice qui demande une concentration intense.

Tout ça c’est non dans ce moment-là, alors dans la préparation, on inclut : le sommeil, l’arrivée en avance le matin voir la veille si c’est dans une autre ville, les réserves de fruits secs, chocolats, gâteaux et boissons, on prévoit de la marge sur le train ou le trajet du retour, on met de côté la crise de confiance, on prend ses plus beaux et plus confortables vêtements, et on est là, juste là.

Feutres en main, avec le visuel, au service du groupe…

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Être là, juste là, au service du groupe.

 

*Note de la Facilitatrice Graphique Jeune Maman 🙂

#Lescoulisses – Une (vraie) tasse

Dans les coulisses de la facilitation graphique… aujourd’hui pour vous parler de ma tasse chouette.

Un petit geste (agir chacun à son niveau), écolo si l’on veut le nommer comme tel, pour dire stop aux gobelets en plastiques qui polluent et qui brûlent les mains que l’on retrouve trop souvent (pour ne pas dire à chaque fois :/ ) dans les conférences et les réunions…

Un petit message aux organisateurs pour penser à changer les pratiques? Un petit message aux participants pour apporter le leur?