Mise au point

Dimanche, j’ai assisté à la conférence pour les 50 ans de l’association Eau et Rivières de Bretagne. Deux Maoris (Nouvelle Zélande), Nancy Tuaine, administratrice du Nga Tangata Tiaki o Whanganui et Jake Robinson qui travaille sur la cartographie culturelle de la rivière vénérable, sont venus pour nous raconter l’histoire de leur fleuve, la Whanganui River à qui le parlement Néo-Zélandais a accordé en 2017 une personnalité morale et juridique.

D’autres invités de marques étaient également de la partie : Ricardo Petrella, politologue et économiste italien, Valérie Cabanes, juriste en droit international, Fabrice Nicolino, fondateur du mouvement « Nous voulons des Coquelicots » et Jean-Claude Pierre, fondateur d’Eau et Rivières de Bretagne et de Nature et Culture.

Quand j’ai appris que les Maoris venaient ici, en Bretagne pour nous raconter l’histoire de la reconnaissance juridique de leur fleuve sacré, mon sang n’a fait qu’un tour.

Cette rencontre a été qualifiée d’historique par le Maire de Quimperlé. Historique elle l’a été, en tout cas pour moi. Au fur et à mesure de l’après-midi, j’ai senti mon cœur exploser à l’intérieur de moi…

Il y a tellement de choses qui voulaient s’exprimer, sortir, crier, hurler… Monter sur ma chaise et crier haut et fort toutes ces choses n’aurait pas été la meilleure façon de me faire entendre, alors la meilleure alternative que j’ai trouvé à ce jour c’est de les mettre par écrit ici 🙂

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J’aimerais dire à ceux qui osent proclamer que nous n’avons jamais eu ce lien au territoire « comme les Maoris ou les peuples autochtones », que c’est profondément faux.

Ici, en Bretagne (et c’est vrai aussi pour d’autres territoires), nous avons des personnes d’une puissance rare qui vivent ce qui a été nommé comme le principe Maori : Whakapapa – tout est un – Ces personnes ne ressemblent pas à des ermites échevelé.e.s et perdu.e.s dans les Mont d’Arrée. Ils et elles nous ressemblent, vous ressemblent, me ressemble. Vous les avez déjà croisé.e.s sans vous en rendre compte car ils et elles (surtout) ont bien appris à se taire, c’était même une question de survie à une certaine époque.

J’aimerais dire à celles et ceux, qui demandent ce que sont ces choses sensibles, que nous le savons et que vous le savez au fond de vous. Que nous avons simplement désappris. Appris qu’en fait non, ce n’était pas recommandable, faisable, montrable sous peine de moqueries, jugements, voir de bûchers. Nos mères et nos grand-mères s’en cachent encore…

Le sacré n’attendez pas de le voir apparaître comme par miracle, ni dans une église, ni des baguettes magiques qui vont se mettre à danser sur votre chemin. Le sacré il est à l’intérieur de nous.

Le sacré, c’est d’abord dire bonjour, saluer, remercier. Nous disons des tonnes de fois bonjour tous les jours. Quand saluons nous la terre, les fleuves, les rivières ? Ceux sans qui nous ne serions pas là. On veut donner une personnalité juridique à nos fleuves et à nos rivières alors que ne savons même pas les saluer ? leur dire bonjour ? les remercier d’être là ? Leur demandons-nous si ils et elles sont d’accord ?

Vous me direz oui, mais je vais passer pour fou ou folle à dire bonjour à l’eau. Mais savez-vous combien nous sommes à dire bonjour à l’eau ? et si nous osions le faire à voix haute ? Nul besoin d’incantations, de fanfreluches d’un autre âge ou de danser nu en hurlant dans la forêt à 3 heures du matin, ce n’est pas ça le sacré, ou en tout cas ce n’est pas là qu’il démarre.

Le sacré, c’est le regard que nous posons sur les choses, c’est le soin apporté aux lieux dans lesquels on prépare les réunions et les conférences, dans lesquels on accueille nos invités, les victuailles qu’on leur propose, le sacré c’est l’écoute, profonde et sans jugement que l’on apporte à autrui, la bienveillance aussi. Le sacré, c’est aussi oser dire non quand ce n’est pas ou plus approprié.

Le sacré c’est l’intention que l’on pose et l’attention que l’on accorde.

Le sacré, c’est s’exprimer avec son cœur. Oser demander la parole et laisser son cœur parler. Parler avec son cœur c’est dire ce que l’on ressent, comment on se sent.

Le sacré c’est aussi le silence et la place qu’on lui accorde.

Le sacré, c’est aussi oser montrer sa vulnérabilité, sa fragilité. Oser dire à voix haute que nous ne sommes pas parfaits, personne. Oser trembler, mais y aller quand même parce que c’est plus important que nous. Rougir mais essayer. Pleurer, mais le dire, car c’est essentiel.

Politiciens, vous qui brassez vos feuilles vides d’âme et de sens, vous pouvez arrêter. Vous n’avez aucun crédit. Laisser enfin parler vos cœurs. Nous en avons besoin.

Certes nous avons besoin de ces lois, de ces mesures de nitrate, de taux de pressions de densité, d’analyses précises et chiffrées, oui. Et nous avons aussi besoin du reste. Tout ce que nous avons délaissé durant tant d’années.

 

A nous de le faire vivre. Ensemble.

 

Holacracy chez Eco-Compteur

C’est Christophe Milon, le fondateur du groupe Inventix, qui m’a demandé d’accompagner visuellement le récit de la mise en place de l’Holacracy chez Eco-Compteur.

Eco-Compteur est une belle entreprise du Trégor en Bretagne que je connais bien car j’ai eu l’occasion d’y travailler il y a quelques années 🙂

Étant depuis plusieurs années dans une démarche de libération de l’entreprise, ils voient également leur nombre de salariés augmenter. C’est alors que s’est posé la question de savoir « comment gérer l’héritage entreprise libérée en le perpétuant dans une entreprise qui grandit? » L’Holacracy est un outil qui permet d’accompagner cette transition avec des outils solides et durables.

Christophe, le fondateur nous raconte cette histoire sur le blog d’Eco-Compteur et je propose un visuel pour chaque article. Le lien vers le blog Eco-Compteur est ici et je vous propose ici quelques visuels extraits du projet :

 

En en parlant d’Holacracy, j’en profite pour mentionner l’ouvrage écrit par Bernard Marie Chiquet et brillamment illustré par Etienne Appert (édité par IGI Partners) : une nouvelle technologie managériale : l’Holacracy.