Le mouvement et la facilitation graphique

La danse et le mouvement m’inspirent depuis des années.

Qu’on l’appelle « danse libre » , « danse intuitive », « mouvement intuitif », peut-être avez vous déjà entendu parler (ou expérimenté ?) de ces espaces et de ces moments au sein desquels on peut s’autoriser à se laisser traverser librement et complètement par toutes les émotions vivantes en nous. Juste laisser le corps exprimer ce qui est présent en nous. Pour nous.

Nul besoin de savoir danser ou quoi que ce soit d’autre pour aborder ces espaces. Être vivant suffit.

Une des toutes premières fois où j’ai mis le pied dans un après-midi de ce type, c’était à Strasbourg en 2013. En voyant ces gens bouger librement dans cette grande salle, je me suis demandé comment moi je pourrais danser comme ça ? est-ce que vraiment c’est fait pour moi ? et mon dieu, qu’est que je faisais ici ?

J’ai fermé les yeux et essayé de bouger un peu. Juste essayer de sentir comment c’était possible pour moi. Danser juste pour moi, sans avoir à faire aux danses des autres, ni au regard des autres.

Ce fut un électrochoc.

Les années qui ont suivies, j’ai continué à danser ces traversées, dans différents stages, cercles, soirées, sessions, avec des groupes divers, et des enseignants/guides aux sensibilités et approches variées. Plusieurs terres et eaux ont sup-porté ces explorations.

Ces danses, aussi précieuses pour moi soient-elles, je les ai longtemps tenues séparées du monde « professionnel », de mon monde professionnel.

Je sais aujourd’hui que ces danses et ces mouvements m’ont profondément transformée. Ils et elles m’ont guidée et m’accompagnent encore chaque jour vers la personne que je deviens.

Inévitablement ces danses et ces mouvements ont influé, et infusent encore, sur ma façon d’aborder et de pratiquer la facilitation graphique et notamment le scribing (capture visuelle en temps réel).

J’aimerais vous partager aujourd’hui ce que la danse m’a enseigné dans ma pratique de la discipline :

Le corps d’abord. Quand on arrive dans une session, que ce soit pour danser ou pour scriber, on vient d’abord avec son corps. Certes on aura besoin de la tête et du mental pour comprendre certains éléments, mais plus je chemine plus il me semble essentiel de prendre conscience que notre outil principal est notre corps. Tout passera par lui : l’écoute, l’énergie à mettre en jeu, sentir les infos importantes, les donner à voir au groupe.

C’est quoi le mouvement ? Souvent , quand je suis en train de scriber une conférence, je me demande : « Ok au milieu de tout ça, de ces images, de ces power-points, ces jeux d’acteurs et de personnages, ces discours et ces verbes hauts, vers ou veulent ils/elles aller ? C’est quoi le mouvement ? Vers ou ça va ? Dans quel sens ? Est-ce que c’est grand ou petit ? Vif ou doux ? Engagé ou timide ? « 

Et en fonction du mouvement que je perçois depuis le propos, je me sens capable de structurer mon visuel et ma page, ma fresque.

S’abstenir du résultat. S’attacher au processus. Lorsqu’on se retrouve à scriber devant un groupe, on est vu.e. Cela peut être stressant, voir déstabilisant. Comme on se rend visible on peut avoir envie de faire quelque chose de « beau ». Pour ne pas décevoir ni sembler ridicule, ni… (insérer toute autre pensée du type…). Je suppose cette sensation est, ou a été familière à nombre de scribeurs et scribeuses. Quoi de plus normal… Cependant, il me semble essentiel de rappeler qu’il s’agit de « FACILITATION graphique ». Pour moi le terme « Facilitation » vient nous rappeler qu’en tant que facilitateur.trice graphique, nous sommes au service du processus que traverse le groupe. Notre visuel a pour objectif de servir le groupe dans son processus. J’aime me garder ces questions proches : pour qui je fais ce visuel ? de quoi ont ils besoin? Comment mon visuel pourrais il soutenir/être une aide à leurs travaux ? et me concentrer plutôt sur ces éléments, que sur le fait de faire un « beau » dessin.

Je ne dis pas que c’est simple de dessiner pour les autres sans s’attacher au résultat, mais c’est ce que j’aime à me garder comme direction.

N’hésitez pas à réagir à cet article si la danse et le mouvement vous inspirent aussi ! Si les mots de cet article résonnent chez vous ? Ou si vous, vous avez relié votre pratique de la discipline à autre chose qui vous est personnel ? C’est toujours un régal de lire vos réactions 🙂

Les émotions, c’est la météo de notre vie

L’idée est extraite de l’ouvrage « Je danse donc je suis » publié aux Editions Albin Michel en 2015. Page 175, Ya’Acov Darling Khan nous explique que les émotions sont comme la météo. J’ai repris cette idée pour la mettre en visuel :

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« Dans la danse, on apprend que l’émotion est un peu comme la météo : parfois il pleut, parfois le soleil brille, ou bien la tempête menace. Toutes ces variations ont leur place : sans pluie, rien ne pourrait pousser; sans vent, tout deviendrait statique. Nos émotions sont un véritable baromètre intérieur, avec lequel il est important d’être en contact. Le meilleur moyen d’établir la connexion, c’est de donner l’autorisation au danseur de danser avec ses différents temps. Alors nos émotions peuvent remplir leurs rôle, et la danse maintenir notre précieux équilibre. »

Extrait de « Je danse donc je suis » – Catherine Maillard, publié aux Editions Albin Michel en 2015

La gestion de projet en 5Rythmes®

A vous qui gérez des projets, que ce soit des projets d’entreprises, projets de recherches, projets de développements, projets de territoires, projets d’avenir…
 
Pour y parvenir, vous vous fixez des objectifs, un calendrier, un budget, des échéances, des rendez-vous, des tâches à accomplir. Au début, tout semble organisé : il n’y a plus qu’à suivre le plan et tout ira bien. Et puis petit à petit, les échéances se rapprochent, vous n’êtes plus sûrs d’avoir bien le temps de faire tout ce que vous voulez dans les temps impartis, le calendrier ne tient plus mais le client est pressé, vous vous retrouvez dans des situations stressantes… Vous parvenez finalement à votre but, mais le parcours est loin d’être un long fleuve tranquille.
 
Nous proposons un outil pour préparer ces différentes phases.
L’objectif est d’anticiper : les temps plus calmes, ceux plus rapides, les moments durant lesquels on peut se sentir confus, perdu et puis les moments durant lesquels nous reprendrons pied. Connaître ces différentes phases permet de s’organiser, mais aussi de comprendre nos ressentis et nos réactions à différents moments. Chacune de ces phases est une étape importante à franchir avant de passer à la suivante.
 
On peut comparer cela à une vague qui accompagnerait le projet de la conception à la réalisation :

 

La vague des 5Ryhtmes

La vague des 5Ryhtmes®

 

Cet outil s’appuie sur la philosophie du mouvement développée par Gabrielle Roth (1941-2012). Danseuse, musicienne, créatrice américaine et inventeur des 5Rythmes®, elle a mis au point la théorie des 5Rythmes® en s’appuyant sur ses observations des gens et de la vie autour d’elle. Pour plus d’informations sur les 5Rythmes®, je vous invite à visiter le site : http://www.5rhythms.com/
 
Gabrielle Roth a développé une théorie selon laquelle chaque unité de temps (un cycle, un mois, un projet, un moment, etc. ) est composé de 5 rythmes particuliers successifs. Selon Gabrielle Roth, « La vague des rythmes constitue la clef de l’ensemble du processus créatif (…) » (Gabrielle Roth, La danse des 5Rythmes®, Le Courrier du Livre, 2009, 302 pages – page 268). Elle cite plusieurs exemples : la vague du métro, la vague de la randonnée, du jardinage, du rock’n’roll, du ski, de l’orage, de la peur, de la vente, des urgences à l’hôpital, etc. (Gabrielle Roth, La danse des 5Rythmes®, Le Courrier du Livre,2009, 302 pages – pages 269 à 285).

 

  • Les 5Rythmes® appliqués à la gestion de projet :

Gérer un projet en 5Rythmes®

Gérer un projet en 5Rythmes®

 

1 – Fluide : on découvre le projet, on prend connaissance de ce que l’on va faire. A cette étape, on planifie le projet de façon globale.

2 – Staccato : les idées fusent, les choses avancent. On commence à produire des documents, à rédiger à partir de certaines idées, on réalise les premiers rendez-vous, etc.

3 – Chaos : on prend conscience des limites des premières idées : cela ne fonctionne pas. On peut être en désaccord avec ses collègues, on cherche d’autres solutions. On peut parfois avoir le sentiment que cela n’a pas de sens, qu’il n’existe pas de solution. On peut se sentir découragé, confus.

4 – Lyrique : le fait de confronter ses idées avec des collègues (durant la phase de chaos) permet de générer de nouvelles idées : cela nous donne l’énergie et l’enthousiasme pour s’y investir, et pour ouvrir de nouvelles solutions plus larges et de façon simple.

5 – Quiétude : on vient à travailler sur les détails du projet, éclairé par cette nouvelle idée. Le travail est plus calme, proche de la détermination. On reçoit les bénéfices du travail fourni précédemment.

 

  • Les 5Rythmes® et le processus de créativité (divergence/convergence)

Les 5Rythmes® et le processus de créativité

Les 5Rythmes® et le processus de créativité

La « zone de grognement » mentionnée ici a été mise au point par Sam Kaner, l’auteur de « Facilitator’s Guide to Participatory Decision-Making » (Sam Kaner, Facilitator’s Guide to Participatory Decision-Making, Jossey-Bass, 2007, 368 pages).
 
On peut proposer des outils spécifiques à chacune de ces étapes :
 
Les outils proposés correspondent à ceux détaillés dans l’ouvrage « Gamestorming » (Dave Gray, Sunni Brown, James Macanufo, Gamestorming, Saint Louis, Diateino, 2014, 258 pages).
 
1 – Ouverture : utiliser des ice-breakers pour permettre aux participants de faire connaissance facilement.
2 – Divergence : utiliser des jeux d’exploration qui permettent de stimuler la créativité.
3 – « Zone de grognement » : le facilitateur à un rôle clé à ce moment. Il peut expliquer au groupe la situation dans laquelle il se trouve (méta-analyse), et ainsi lui faire prendre conscience que c’est une étape « normale » du processus que de se sentir perdu. Il est nécessaire de passer par cette phase pour parvenir au bout du cheminement et trouver une solution.
4 – Convergence : utiliser des jeux de finalisation qui permettent de clôturer la session. Les méthodes liées à la prise de décision sociocratique sont très adaptées à cette étape.
5 – Finalisation : la séance se termine, le groupe se sépare.
 
Dites-nous!
Peut-être cette vague vous évoque des projets que vous avez géré par le passé? Peut-être cela vous donne des idées pour l’appliquer à les projets sur lesquels vous travaillez en ce moment? N’hésitez pas à nous faire part de vos idées ou des vos expériences avec les 5Rythmes® 🙂
 
Julie Boiveau, facilitatrice graphique et Anne Marie Hogya, enseignante certifiée en 5Rythmes® (http://www.annemariehogya.com/)
 
Merci à Kommunikationslotsen pour les visuels inspirés de la méthode « Bikablo® ».